Le 17 janvier, on a tiré les rois…

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Parmi les moments conviviaux et régalants qu’organise notre association, celui de cette période d’Epiphanie est sans doute le plus angoissant pour les participants. Il est très agréable, en effet, chaque année, de partager le cidre et la galette. Le problème c’est cette histoire de couronnement qui menace chacun et qui gâche sévèrement la fête.

Ce mercredi matin, nous étions près d’une quarantaine autour de la table, solidaires et courageux, à nous serrer les coudes et à les lever. Chacun de nous était bien décidé à soutenir le copain ou la copine s’il venait à être frappé par le sort. Du coup chacun, tout en s’occupant de son assiette, gardait un œil sur celle de son voisin : fève ou pas fève ? Le stress. Comme à chaque fois, ce fut délicieux et sympathique au possible mais bien difficile pour les héros malheureux qu’on voudra bien découvrir et plaindre ici. On leur souhaite, bien sûr, un prompt rétablissement après ce choc émotionnel redouté de tout bon républicain qui se respecte.

 

Tout imprégnés de l’esprit des lumières, tout soucieux de démocratie, c’est avec douleur que nos Reines et Rois d’un jour se sont vus contraints de prendre la pose pour la photo. On pouvait lire sur leur visage le malaise, la gêne, un brisou de honte. Dur de sourire vraiment quand on se retrouve avec une couronne toute dorée sur la tête alors qu’on croit en la République et ses valeurs. On a plaint nos copains qui ont vu le sort s’acharner sur eux :  Le président, la vice-présidente, le trésorier, la trésorière adjointe : une grande partie du bureau de l’UPV touchée par la disgrâce ! Tout un pan de notre Association comme ébranlé, décimé, abattu, la tête au-dessus du panier ! Affreux. Suzon et Robert qui les accompagnaient dans leur malheur ne faisaient guère plaisir à voir non plus. Foutue tradition qui veut que soient ainsi montrés du doigt des innocents qui n’avaient demandé qu’un bout de galette et qui se trouvent accusés d’être aussi royalistes que les rois. On voudrait dire notre amitié à ces six copains qui n’ont pas eu la chance d’être épargnés par la fève. L’an prochain il faudra bien penser à les dispenser de galette afin que le sort ne s’acharne pas sur eux une nouvelle fois. Etre reine ou roi deux années consécutives pourrait leur être carrément fatal. Bien sûr en les privant de leurs parts on pourrait voir les nôtres quelque peu agrandies mais on est prêts à se sacrifier.

BM

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