Gérard Zilberman

Publié le

Le docteur Gérard Zilberman devait animer une conférence sur le thème "De la Beauté" le 29 juin prochain.

Hélas, il est décédé le 12 octobre.

La veille, il m'avait envoyé un message où il m'indiquait:

 "Depuis un an, je suis parti en croisade pour que nous prenions conscience combien la Beauté est vitale et permet de combattre la barbarie. Bien entendu, je vous dirai de quelle Beauté je veux parler, de l'authentique Beauté, et à quoi elle sert et pourquoi la société civile et le monde politique devraient devenir "les ouvriers de la Beauté".

 

Médecin cardiologue, grand humaniste, esthète passionné de peinture, il vouait aussi de l'admiration pour Mandrin, le célèbre bandit justicier. C'est ainsi qu'il avait animé une conférence en février 2009 pour l'Université du Temps Libre devant un public conquis par l'histoire de ce personnage de légende, interprété par le docteur Zilberman lui-même.

 En 2017, il avait écrit un texte sur la Beauté qu'il vous reste à découvrir, à apprécier et à méditer...

 Alain Jammet

La Beauté sauvera-t-elle le monde

A l’exemple d’émissions radiophoniques sur « Moi, Président », voici ma proposition : " Moi Président, je verrais autrement la politique. Dans mes discours et dans mes actions j’inviterais la Beauté. « C’est bien grâce à elle qu’en dépit de nos conditions tragiques nous nous attachons à la vie ». C’est elle qui nous aide à nous construire et à nous élever. « Elle est vitale, nous ne pouvons pas vivre sans elle ».

Or, la beauté est trop souvent négligée, bousculée, évacuée, dans notre société. Nous avons besoin d’elle et pas seulement de problématiques d’économie, de finance, de dette. Quelle place donnons-nous à la poésie, à l’art, à la culture, à l’harmonie, à la considération de l’autre, à l’empathie...?  Est-ce être rêveur ou lucide que de regarder du côté du beau ? N’est-ce pas par le beau que commence la civilisation ?

Parler du beau, se tourner vers le beau, ce n’est pas oublier le laid, l’abominable. Bien au contraire, ce peut être une façon de résister au Mal.

Si j’étais président, je parlerais sur ce qui nous grandit et la beauté grandit, elle donne. Parler de la beauté, pour être contagieux de beau, comme me l’a dit un enfant. Parler de la beauté pour attester de la capacité à la décence de l’existence humaine face aux violences destructrices indignes, pour que de la promesse, l’homme devient « plus vrai ».

Parler de la beauté pour que le rapport avec la Nature change, pour nous rappeler qu’elle est modèle de beauté, d’harmonie, et bien plus puisque elle est ressources pour notre existence. Quelle est cette attitude inconsciente de maltraiter la Nature comme si elle était inépuisable et oublier qu’elle participe à l’aménité de notre cadre de vie. Ne pas respecter la Nature c’est détruire de l’harmonie, du patrimoine paysager, de la richesse environnementale, culturelle, sociale.

Parler de la beauté pour mesurer et combattre la vulgarité si courante au quotidien et qui nous mène dans l’incivilité relationnelle.

Parler de la beauté pour qu’elle nous apparaisse sous ses vrais traits, la beauté de l’Être,la beauté consubstantielle à nous-mêmes, et à laquelle nous aspirons « pour tendre vers la plénitude de notre présence au monde », car la beauté est bonté et vérité.

Parler de la beauté à nos écoliers, une façon de faire connaître la face lumineuse du monde, de lutter contre les violences, de considérer l’Autre et découvrir chez l’Autre ce qui est beau.

Parler de la beauté, car la beauté nous rapproche, les uns des autres. La beauté, en parler, la désigner chaque jour, pour ne pas oublier qu’elle existe à côté du Mal.

La beauté en parler, la désigner chaque jour, pour la vivre, pour ouvrir les coeurs et les consciences, pour profiter de son pouvoir dynamique au niveau individuel et sociétal.

Pourquoi l’homme politique doit parler de la beauté ? Tout simplement parce qu’il a les moyens de faire entendre sa voix plus facilement que d’autres. Parce qu’il a le devoir de l’exemplarité qu’il trouvera dans le beau. Parce qu’il aura le désir d’apporter « le bon et le vrai » dans sa gouvernance, des qualités qui sont intrinsèques à la beauté.

Pour l’homme politique c’est un devoir d’en parler s’il se pose la question suivante :

« Dans quel monde voulons-nous vivre, quel monde voulons nous laisser à nos générations futures, et sans oublier tous ceux qui souffrent, car la beauté apporte du secours, de l’apaisement ?

Parler de la beauté, c’est la découvrir, en prendre pleinement conscience, et voler dans la joie. Pensez aux moments très forts que vous avez vécus et vous direz

« C’est vrai » !        

  Gérard Zilberman, le 1er mars 2017.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article