Comment se soigner avec les plantes

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Mercredi dernier une conférence au Centre Multimédia de Lamastre sur le thème de la phytothérapie, animée par Jean Coudour.

La phytothérapie, médecine naturelle et millénaire, considérée par l'Organisation Mondiale de la Santé comme une médecine conventionnelle, est largement utilisée à travers le monde pour son efficacité, le peu d'effets secondaires et l'absence d'accoutumance.

Devant un public nombreux, attentif et très réactif,  Jean Coudour qui possède une riche expérience de préparateur en pharmacie et anime des formations sur la botanique depuis plus de dix ans, a su faire partager sa passion pour son étude et sa longue pratique sur les plantes médicinales.

On n'en compte guère plus de 300 en Europe tempérée dont environ 80 en Ardèche et une cinquantaine qui sont assez disponibles dans des biotopes différents.

Autrefois, on parlait de « médecine des simples » pour désigner les plantes locales alors qu'à l'époque de la Renaissance on connaissait 1 400 remèdes venant de l'étranger à la suite des Croisades.

Parmi les domaines de la phytothérapie on distingue :

    • l'herboristerie ou la valorisation médicinale des plantes sèches
    • l'aromathérapie ou l'utilisation des plantes aromatiques dont on extrait les huiles essentielles
    • la gemmothérapie ou l'utilisation des tissus embryonnaires des végétaux comme les bourgeons
    • l'hydrolathérapie ou la libération par distillation  des éléments les plus subtils des plantes pour donner les hydrolats ou eaux florales

 

Quand cueillir les plantes ?

Le moment le plus propice pour la cueillette des plantes médicinales doit se dérouler par beau temps sec, la rosée matinale n'étant d'aucun apport. Certaines plantes possèdent un ou deux principes actifs majeurs comme le coquelicot, la vigne rouge ou la bruyère, les autres principes étant complémentaires Il est alors conseillé de déposer les plantes une fois séchées dans le congélateur pour tuer les parasites.

Puis vient le moment délicat d'extraire les principes actifs, de les doser, de mettre en forme les produits et les excipients ou additifs pour qu'ils soient efficaces sans être toxiques.

La tisane de thym ou de tilleul, par exemple, est la préparation la plus simple.

La démarche galénique (du nom du médecin grec Galien) consiste à la mise en forme des produits en fonction du solvant (eau, eau+alcool éthylique, huiles)  et du dosage. Il y faut des conseils et de la pratique !

 

Quelle est la durée d'un traitement ?

. Pour un traitement court : 1 semaine et 3 semaines au maximum

. Pour un traitement long : 3 semaines renouvelables mais pas au-delà de 3 mois, le corps doit pouvoir assimiler les produits et les éliminer.

 

Quels effets sur le système physiologique ?

A partir d'une préparation correcte et si l'on respecte la bonne posologie, le traitement de certains maux par les plantes médicinales ont des effets bénéfiques sur le système physiologique.

 

                              Par exemples sur :

 

Le système hormonal avec :

.  l'alchémille et sa racine (en montagne, entre 600 m et 1 600m)

. la sauge sclarée dite « La Toute Bonne » (plutôt provençale) comme équilibrant nerveux

         « Qui a de la sauge dans son jardin ne voit pas le médecin ! »

.l 'armoise commune (dans les friches) pour équilibrer les problèmes de dysménorrhée, utilisée aussi comme tonique (au Moyen-Age, les pélerins de St Jacques de Compostelle en mâchaient les feuilles)

. l'absinthe (dangereuse dans l'alcool) fortement déconseillée pour les femmes enceintes ou les personnes épileptiques

Le système circulatoire avec :

. le mélinot officinal (plante très commune mais peu connue) en tisane ou en eau florale avec l'utilisation de la sommité fleurie

. le fragon épineux (forêts sèches) avec le rhizome frais en alcoolature

. le lierre grimpant en usage externe (bain, lotion de friction, macérat huileux) mais une action pas très puissante

. la vigne rouge (en automne) en infusion (½ litre par jour) : plante majeure

Le système nerveux avec :

. la valériane officinale et sa racine  en tisane par macération préalable pour le sommeil

. l'aubépine et sa sommité fleurie en tisane

. le millepertuis perforé en usage interne pour la dépression légère

. la camomille romaine

Le système rénal avec :

. le pissenlit avec sa racine

. la piloselle (racine ou plante entière) en alccolature

. le génévrier commun et ses jeunes pousses (gemmothérapie)

. la bruyère en tisane (10 g de plante sèche par jour) : plante majeure

. la verge d'or pour les problèmes de prostate

Le système digestif avec :

. la sauge officinale en tisane

. l'absinthe

. la gentiane jaune en décoction de sa racine

. la mélisse  fraîche en tisane comme antispasmodique  digestif

. la matricaire en fleurs (plus doux que la camomille)

Le système respiratoire avec :

. le coquelicot et ses feuilles séchées en tisane : plante majeure

. le tussilage et ses fleurs (capitules jaunes)

. la violette

. le mauve sylvestre et ses fleurs

. le serpolet

. le sureau noir er ses fleurs sèches

. le marrube

Le système hépatique avec :

. la chicorée 

. le fumeterre

. la carotte sauvage

. l'artichaut

Le système immunitaire avec :

. l'échinacée (originaire du Canada)

. l'argousier en jus de fruits (plante la plus riche en vitamine C)

. l'ortie piquante

. le génévrier

. le cynorhodon

. la chicorée sauvage

Le système ostéo-articulaire avec :

. la prêle des champs

. le frêne élévé

Pour les douleurs : la reine des prés, la pâquerette, le romarin, le saule à l'origine de l'aspirine.

 

A l'issue de son exposé, Jean Coudour a mis en garde  contre l'automédication . Tout ce qui est « naturel » n'est pas inoffensif, certains

produits de phytothérapie peuvent exposer à des interactions médicamenteuses...En cas de doute, l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien est indispensable.

Alain Jammet

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